Je me souviens d’une séance de cinéma en juillet 2006. On était deux dans la salle (true story), le film à l’écran s’appelait Stay, et je n’avais d’yeux que pour Ryan Gosling. Pour moi, il crevait l’écran. Une véritable révélation. Depuis, j’ai rattrapé une bonne partie de sa filmo, il a failli me faire chialer à la simple vue d’une bande-annonce (Lars and the real girl), et j’attends chacun de ses nouveaux films avec impatience. Il était devenu, au même titre que Cillian Murphy, l’acteur confidentiel mais exceptionnel que je me réjouissais d’être l’une des rares à connaître.
Evidemment, tout cela va changer cette année, avec la sortie dans quelques mois de Drive, de Nicolas Winding Refn, primé à Cannes et qui fait déjà beaucoup de bruit. En attendant, je savoure encore les derniers moments de sa relative confidentialité. Confidentialité, à l’image de son dernier film sorti en France, le sublime Blue Valentine.
Blue Valentine, c’est un scénario réécrit 57 fois, deux acteurs très indés qui en tombent amoureux et le produisent, et au final une véritable pépite. Ce projet porté par Derek Cianfrance pendant douze ans, c’est l’histoire d’un couple qui tombe en désamour. Avec eux on vit et on revit tout : les premiers instants, les sentiments naissant, la vie à deux, à trois, puis le délitement, le dégoût de soi et de l’autre, la rupture.
La finesse de l’écriture de ces deux personnages est exceptionnel. Rarement au cinéma avait-on vu une réprésentation aussi à fleur de peau des sentiments dans un couple, des problèmes de communication aussi, des petits loupés du quotidien. Tout cela bien sûr ne serait pas aussi réussi sans les deux acteurs exceptionnels qui, on le sent, se sont jetés à corps perdus dans ces rôles : Michelle Williams et Ryan Gosling sont au sommet de leur art.
Durant toute la durée du film, on reste cloué dans son siège par la puissance de ce qui est raconté ici (et ce malgré quelques longueurs). C’est très juste, c’est très beau, c’est très triste sans pathos aucun, juste avec la puissance des sentiments, des vrais. Waow.
Blue Valentine, de Derek Cianfrance
Sorti le 15 juin 2011
Note : 4,5/5






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