On l’attendait depuis de nombreux mois comme l’un des films SF de l’année. Les attentes ont été dépassées. Looper est en effet la petite bombe SF de l’année, mais il se pourrait même bien qu’il soit celui de la décennie, en plus de parvenir à transcender la barrière du genre. Explications.
Rian Johnson est un petit surdoué. Il y a quelques années de cela sortait son premier film, un film noir adolescent dont s’est immédiatement emparé le petit milieu du ciné indépendant américain : Brick. En tête d’affiche, un acteur peu connu à l’époque, mais dont on préssentait déjà qu’il s’imposerait rapidement dans les années à venir : Joseph Gordon-Levitt. l’amitié entre les deux hommes a perduré, et c’est avec une certaines évidence qu’ils se retrouvent aujourd’hui pour Looper.
Alors que Brick savait déjà jouer habilement avec les codes du film noir, Looper va faire la même chose avec la science-fiction. L’intrigue du film reprend un des thèmes les plus célèbres du genre : le voyage dans le temps. Inventé dans les années 2070, il devient immédiatement illégal, et suls les malfrats s’en servent pour renvoyer leur victimes en 2040, où elles sont exécutées. Joe est l’un des exécuteurs. Mais quand il doit exécuter son lui du futur (interprété par Bruce Willis), tout dérape…
La première partie du film, menée d’une façon enlevée, est absolument bluffante et n’est pas sans rappeler l’aura d’un Blade Runner ou d’un Matrix. L’univers construit par Johnson est fouillé, solide; Joseph Gordon-Levitt y évolue avec aisance, grimé de façon très fine pour ressembler davantage à Bruce Willis, dont il adopte également les mimiques. la ressemblance est saisissante et assoit la crédibilité du tout.
Puis lentemenent, l’histoire du film fait évoluer le ton. De la science-fiction pure, on bascule peu à peu dans un mélange des genres, du western au film intimiste, sans perdre complètement de vue la dimension futuriste. Le changement de ton déstabilise un peu, mais force est de constater que Rian Johnson est parfaitement à l’aise dans l’exercice. On se rapproche alors davantage d’un cinéaste comme Jeff Nicholls (réalisateur de Take Shelter).
Le style est intéressant, mais peut-être contribue-t-il trop à la fin un peu rapide, un peu frustrante quand le reste du film nous a habitué à moins de facilité, à plus d’ampleur. Il n’en reste pas moins que Looper est un petit bijou, sans aucun doute l’un des films les plus intéressants de l’année qui marquera durablement les esprits. Foncez !
Looper, de Rian Johnson
Sortie le 31 Octobre 2012





