Avant-propos : Je me permets de republier cette critique, le film ayant enfin pointé le bout de son nez dans nos salles françaises après une longue attente. C’est donc officiel : après Tree of Life, c’est la période Jessica Chastain ! Enjoy.
Quand on était plus jeunes, on a tous rêvé un jour d’être des agents secrets, n’est-ce pas ? Agent secret, c’est glamour, ça fait voyager, se glisser dans la peau d’un autre, on a des gadgets kikoos et des armes hyper stylés… Personnellement j’aurais bien aimé être Sidney Bristow. Mais de temps en temps il est bon de se rappeler qu’agent secret est très loin d’être un boulot de rêve. Surtout quand on est agent du Mossad dans les années 60 et qu’on a pour mission de ramener un criminel nazi en Israël pour qu’il soit jugé.
Telle est la mission confié à trois jeunes gens d’une vingtaine d’années, missionnés en Allemagne de l’Est, où le docteur Vogel coule des jours post-nazisme plutôt heureux en exerçant le métier de gynécologue. Une mission d’une difficulté rare, surtout pour la fille du groupe, Rachel, chargée d’approcher le docteur en devenant sa patiente. Mais une mission qui leur vaudra aussi une gloire qui perdure 30 ans plus tard… Mais ils sont seulement trois à l’avoir vécu, trois à savoir ce qui s’est passé. Et tandis que la fille de Rachel sort un livre sur ces événements, il est temps de s’y replonger.
The Debt est un film qui sait nous captiver, jouer entre deux époques pour mieux nous plonger dans la tension qui accompagne chacune. Car la destinée de ces personnages est loin d’être ordinaire, et être confronté à un criminel nazi, en toute impuissance, est quelque chose que l’on ne souhaiterait pas vivre. Et pourtant le film nous amène à nous identifier à ces personnages – et de façon encore plus subtile quand on est une femme, à l’héroïne de l’histoire – réaction unanimes aux scènes chez le gynéco. Une immersion facilitée par le talent des acteurs, de la jeune comme de la vieille génération : on notera particulièrement Sam Worthington, impressionnant de force tranquille et de sensibilité intériorisée, Helen Mirren comme à son habitude parfaite, mais surtout la révélation du film, Jessica Chastain, qui interprète avec beaucoup de subtilité la jeune Rachel.
Bien sûr le film de John Madden, plus connu pour Shakespeare in Love ou encore pour mon film chouchou Irréfutable, a ses défauts : quelques longueurs, dûes notamment à un mélange des deux époques du film pas toujours optimal (on alterne les deux, puis on reste longtemps dans le passé avant de revenir sur le futur…). On notera également une fin un peu over the top, à la limite du crédible. Mais cela ne diminue en rien la qualité d’un film prenant, à la tension omniprésente, et qui offre une réflexion intéressante sur l’Histoire, celle qui est écrite et celle qui se cache réellement derrière. Un fait que nous ferions bien de ne pas oublier.
The Debt, de John Madden
Sortie le 15 juin 2011
Note : 3,5/5






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